TOMORROW IS ANOTHER DAY. LES AMANTS DU CRIME. Felix E. Feist. 1951

Tomorrow 

Production : Henry Blanke pour Warner Bros

Scénario : Guy Endore et Art Cohn

Dir. de la photographie : Robert Burks 

Avec Steve Cochran (Bill Clark/Mike Lewis) et Ruth Roman (Catherine Higgins)

 

Bill Clark sort de prison après avoir purgé une peine de 18 ans d'emprisonnement. Encore adolescent, il avait tué son père qui maltraitait sa mère. Personne ne l'attend à la sortie mais un homme le surveille et rapidement trouve le moyen de rentrer en contact avec lui. Il semble d'abord vouloir lui venir en aide et lui permet même d'obtenir un rendez-vous pour trouver du travail. L'essai que passe Bill est d'ailleurs concluant, il doit commencer rapidement son travail de soudeur. Mais le lendemain, en première page du journal local , s'étale l'histoire du "plus jeune meurtrier de l'état". L'homme était en fait un journaliste qui avait voulu soutiré les premières impressions de cette célébrité locale. Bill se rend au journal, agresse le journaliste et est tout prêt de retourner en prison mais l'homme refuse finalement de porter plainte.

Le soir venu, il erre dans les rues puis se rend dans un dancing. Il y rencontre Catherine qui est payée pour danser avec les clients. D'abord réticente, elle finit par accepter d'être raccompagnée par Bill mais un homme assis dans la pénombre l'attend à son domicile. L'homme ordonne à Bill de sortir. Il est agressif et sort une arme. Une lutte s'engage entre les deux hommes. Bill en sort perdant et il tombe inconscient. L'homme se précipite alors vers Catherine mais celle ci l'abat avec le révolver qui avait été projeté à terre dans la lutte. 

Au réveil de Bill, Catherine s'aperçoit que sa mémoire des évènements est confuse , aussi lui fait-elle croire que c'est lui qui a tué accidentellement l'inconnu au cours de la bagarre. Craignant malgré tout d'être elle aussi impliquée dans le meurtre, elle accompagne Bill dans sa fuite...La police est sur leurs traces…

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Un film noir assez singulier, qu'on pourrait qualifier de "polar social", mais pas seulement. Bill Clark et "Cay" Higgins se rencontrent dans un dancing dont les danseuses sont des employées. Pour danser avec les filles, il faut aligner les tickets et une sonnerie retentit à chaque fois que le temps est venu de payer sa partenaire. Bill a particulièrement remarqué Cay, une blonde platine qui tranche nettement avec les autres filles. Il s'installe avec elle à une table, lui offre un verre et désire faire connaissance, mais elle ne s'intéresse pas vraiment à lui et ne cesse de réclamer son ticket à chaque fois que le signal se fait entendre ce qui agace Bill. Lorsqu'il lui en fait la remarque, elle lui révèle dans un soupir "Mais oui, mais à chaque fois que tu me donnes un ticket, je gagne un cent ". Une autre fille se plaint de ne plus avoir de jambes à la fin de la soirée…Alors on pense aux marathons de danse et à tous ces films se déroulant pendant la crise des années 30. 

Plus tard, alors qu'ils doivent fuir la ville ensemble, ils attendent le passage d'un train et dans ce cadre champêtre et apaisant, ils se livrent un peu et semblent commencer à se faire confiance. Le train arrive, alors ils dévalent la colline et montent à bord d'un wagon à bestiaux...On pense alors aux "Wild boys of the road" de Wellman.  

Plus tard, toujours aussi fauchés, ils se déplaceront en auto-stop. C'est d'ailleurs grâce à la famille qui les prend en charge, qu'ils trouvent un endroit assez retiré pour se faire oublier. La petite communauté dans laquelle ils arrivent fait obligatoirement penser à celle des "Raisins de la colère". Les employés travaillent au ramassage des laitues pour le compte d'un maraicher. Ils vivent dans des baraques en bois au confort rudimentaire, en tous points semblables à celles du film de John Ford. On voit les hommes au travail, dans leurs loisirs mais bien que très bien intégrés à cette communauté, plus tard, c'est également la misère qui pourra causer leurs pertes... 

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Un autre point fort du film, c'est alchimie entre les deux acteurs principaux. Le personnage joué par Steve Cochran, Bill Clark puis Mike Lewis lorsqu'il changera d'identité, est assez fruste et le jeu physique de l'acteur sert parfaitement le personnage. Celui joué par Ruth Roman est plus complexe. Elle éprouve notamment un sentiment de culpabilité croissant vis à vis de Bill...Ce dernier a d'abord imposé le mariage avec "Cay" et ils restent ensemble par obligation mais rapidement ils commencent à se faire confiance et surtout l'attraction sexuelle est manifeste entre les deux personnages.

En tout cas, leurs rapports évoluent très sensiblement et les deux personnages sont très attachants. C'est l'un des points forts de ce polar...dont seulement la fin est décevante. Mais évidemment, je n'en dirais rien. 

Felix Feist a réalisé d'autres polars. Plus tard, je consacrerais quelques mots à "The devil thumbs a ride" avec Lawrence Tierney et " The man who cheated himself" avec Lee J. Cobb, Jane Wyatt et John Dall.

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Vu en VOST. De tous les polars sur lesquels j'ai écrit jusque là, celui ci est surement celui qui est le plus fréquemment passé à la TV . Sinon DVD zone 1 en VO dans la collection Warner Archive.