WITHOUT WARNING ! Arnold Laven. 1952 

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Distribué en Belgique sous le titre "LE SADIQUE" 

Production : Arthur Gardner et Jules V. Levy pour United Artists

Scénario : William Raynor

Dir. de la photographie : Joseph Biroc 

Avec Adam Williams (Carl Martin), Meg Randall (Jane Saunders), Edward Binns (Lt. Hamilton) et John Maxwell ( Fred Saunders) 

Carl Martin s'apprête à quitter la chambre du motel dans lequel il vient de tuer la femme avec laquelle il avait passé la nuit. L'arme du crime à la main, un sécateur, il quitte précipitamment les lieux. En passant la porte, il raccroche sa veste et laisse sur place un morceau d'étoffe. Rapidement, la police fait le rapprochement avec un crime similaire commis un mois plus tôt et s'accroche aux quelques indices laissés sur place par le tueur pour tenter de remonter sa piste. Le tueur, un paysagiste à son compte, semblr reprendre une activité normale...

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Avec THE SNIPER. L'HOMME A L'AFFÛT d'Edward Dmytryk, tourné la même année, ce film de Laven est un des ancêtres du film de "Tueurs en série". Mais l'angle est ici totalement différent. Dmytryk s'est surtout occupé de suivre le tueur, a montrer les origines de sa folie meurtrière et sa psychologie. Le tueur incarné par Arthur Franz est un personnage complexe qui tente de se dénoncer lui-même ; qui avertit les médecins de sa dangerosité mais qui n'est pas entendu. Plus tard, il ira jusqu'à la mutilation pour ne pas pouvoir se servir de sa carabine. D'autre part, il y avait aussi une réflexion sur les réponses qui devraient être adoptées vis à vis de ces cas pathologiques. Les idées véhiculées par l'inspecteur de police incarné par Adolphe Menjou étaient plutôt humanistes et allaient à l'encontre des solutions radicales et expéditives des polars des années 70 que j'évoquais dans le texte sur "Gang war". 

Rien de tout cela ici car Arnold Laven s'intéresse presque plus aux méthodes employées par les policiers pour tenter de retrouver le tueur qu'au tueur lui-même. Des indices matériels ont été trouvés sur les lieux des premiers crimes alors on a droit à plusieurs reprises aux scènes dans le laboratoire de la police scientifique. On a deux scènes avec un spécialiste qui vient dresser un portrait psychologique du tueur. On décrypte la méthodologie des crimes. On identifie rapidement les points communs entre les victimes, etc...Plus tard, la police sélectionnera des jeunes femmes blondes et les enverra dans les bars de Chicago pour tenter d'attirer le tueur dans un piège, ce qui donnera une bonne (demi) scène. Ce n'est pas mal fait mais le problème c'est que l'on a vu çà mille fois depuis, et pour celui qui veut, c'est même omniprésent dans les séries policières américaines. 

Les crimes commis sont évidemment édulcorés mais surtout vite expédiés par Laven qui lorsqu'il nous montre le tueur le fait la plupart du temps dans son activité professionnel. Puisqu'il est paysagiste, ça justifie ainsi que l'on voit Carl Martin presque toujours avec son sécateur accroché à la taille ou le tenant en main. Laven veut créer une certaine tension avec ce "truc" et c'est assez efficace.

Son activité professionnel lui permet même de rencontrer une victime potentiel, la fille de son principal fournisseur. Les relations avec cette jeune femme qui tiennent jusqu'à l'épilogue du film est un de ses aspects les plus intéressants. 

L'interprétation est globalement bonne mais sans performance particulièrement voyante. Ce n'est pas troublant car l'enquête des policiers est traitée sur un mode quasi documentaire. Un mot toutefois sur Adam Williams dont ce fut surement le seul premier rôle. Sans être exceptionnel, il campe habilement un tueur singulier au visage doux, presque adolescent et aux manières calmes. Son métier de jardinier est à ce titre assez bien choisi...Attention toutefois, il ne taille pas que les rosiers...Mais ce n'est pas du tout un tueur suant et tremblant devant les femmes, sauf avec Jane Saunders, la fille de son fournisseur. La plupart du temps, Il semble au contraire plein d'assurance et séduit sans peine ses futures victimes. 

Un personnage secondaire est plus intéressant que les autres, c'est une petite fille de son voisinage. Elle traine souvent devant sa maison réclamant de l'attention. On peut voir une pointe d'humour noir dans le fait que la petite demande à plusieurs reprises à Martin de remettre la tête de sa poupée en place....car le gars fondamentalement éprouverait plutôt la pulsion de les couper.

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Enfin, un mot sur la mise en scène de Laven. On dirait que ce n'est pas le même type qui est responsable de la totalité du film. Dans l'ensemble, c'est bien construit mais sans relief et le final, qui aurait du être le sommet du film, est même assez maladroit mais une longue séquence au moins est remarquable. Peut-être un retake.

Après avoir commis son troisième crime, Martin s'apprête à quitter les lieux mais sa voiture garée sous un échangeur autoroutier est repérée par 2 motards. Il manque de se faire prendre mais parvient à fuir. Il traverse le marché de gros de la ville pour finir par quitter les lieux en taxi. Toute cette séquence, spectaculaire, filmée en partie à la grue tranche nettement avec le reste de la réalisation. Etant donné qu'il s'agissait du premier film réalisé par Laven, il est possible qu'un autre cinéaste ai collaborée à cette scène compliquée à tourner.

 

Vu en VO avec st anglais. A priori le film est inédit chez nous mais il existe un DVD zone 1 avec sous titres anglais.