THE STRIP. Leslie Kardos. 1951

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Avec Mickey Rooney (Stanley Maxton), Sally Forrest (Jane Tafford), William Demarest (Fluff) et James Craig (Sonny Johnson) et dans leurs propres rôles : Louis Armstrong et son orchestre, Vic Damone et Monica Lewis. 

 

Stan Maxton, un batteur de jazz, est arrêté chez lui. Au cours de la nuit précédente, son ancien patron a été assassiné et on a essayé d'abattre son ancienne petite amie. Maxton est soupçonné et est amené à expliquer dans quelles circonstances il avait rencontré les 2 victimes. Commence alors un très long flashback.

Maxton, soigné pendant un temps dans un hôpital pour vétéran de retour de la guerre de Corée est enfin autorisé à sortir. Les autres blessés de guerre se sont cotisés pour lui offrir une batterie afin qu'il puisse reprendre rapidement son activité de musicien qui était la sienne avant son incorporation. Mais sur la route du retour, il est envoyé dans le décor par un autre véhicule. Sa voiture et la batterie sont détruites mais le conducteur qui se prend de sympathie pour lui décide de l'aider. Il l'héberge et lui propose un emploi. Il sera d'abord employé chez un bookmaker...et découvre progressivement les activités de Sonny Johnson. Son employeur trempe en fait dans différents trafics et s'en accommode pour un temps. 

Lorsque Stan rencontre Jane Tafford, une chanteuse de cabaret qui travaille sur le Strip à Los Angeles, il en tombe immédiatement amoureux, contrairement à la jeune femme qui cherche à s'en débarrasser. A l'initiative de son patron Fluff qui cherche un batteur, elle incite néanmoins Stan a quitter son travail et à venir travailler dans la boite. Même si celui ci pensait bien ne plus jamais travailler comme musicien, il accepte la proposition pour se rapprocher de Jane. Stan rêve même de mariage...

Sa petite amie rêvant depuis toujours d'une carrière au cinéma, il l'a met en contact avec Sonny, son ancien employeur, qui prétend avoir des contacts dans le milieu du cinéma.

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Le portrait d'un brave type manipulé par une jeune femme très ambitieuse qui se sert de lui...Un classique donc. La pègre locale est incarnée par Sonny Johnson et ses hommes de main qui ont l'air d'abord inoffensifs mais ce n'est qu'une apparence.

Le point de départ n'était pas mal du tout mais par la suite çà se gâte rapidement. Passé le premier 1/4 d'heure, la moitié du métrage du film est occupée par des numéros musicaux ! Alors, on a beau aimer Louis Armstrong (qui joue et chante pendant un bon quart d'heure d'affilée) et la musique jazzy des années 5O...On était pas trop là pour çà...On finit donc par décrocher de l'histoire qu'on tentait de nous raconter. 

On ne se console pas avec l'interprétation.

Même Mickey, le grand petit homme que j'aime tant, y compris dans le polar (Quicksand. Drive a crooked road. Baby face Nelson, etc...) joue comme un cochon. Je pousse peut-être un peu mais il est tout de même peu inspiré car si l'anti héros du film de Richard Quine, Drive a crooked road, auquel ce rôle dans The strip fera immanquablement penser, était manipulé comme un petit garçon par une femme trop belle , il avait tout de même du répondant et le personnage était intéressant. Il évoluait avec le temps et finissait même par perdre toute illusion. Ici, il n'est est rien. C'est un couillon de bout en bout et même si on est pas un grand blondinet nazi (je blague) on ne peut pas être avec lui. Il fait pourtant ce qu'il peut quand on lui offre la possibilité de montrer sa formidable énergie et il apporte sa vitalité au film. Il se démène sur sa batterie. Interprète une chanson en duo avec William Demarest, etc...Mais en vain... 

On peut noter néanmoins quelques petites singularités intéressantes. Sonny Johnson, le chef de la pègre est passionné par les plantes exotiques et çà nous donne quelques bonnes scènes. 

Un enfant, joué par Tommy Rettig, une vrai petite teigne suscite lui aussi un court regain d'intérêt.

Enfin, le scénariste avait ajouté un personnage de "gentille" amoureuse de notre héros. Un classique aussi. Un type manipulé mais sauvé par une douce et gentille...mais non !Décidément Kardos çà devait être le genre à squatter les radiateurs du fond de la classe car la petite choisie était charmante, touchante et prometteuse mais le scénariste et le metteur en scène n'en font presque rien. 

Je ne connais qu'un autre film noir qui peut lui être comparé, c'est le Pete Kelly's Blues (La peau d'un autre) de Jack Webb avec ce dernier, Edmond O'Brien, Lee Marvin et Andy Divine  dans lequel les numéros musicaux, dans une intrigue policière, étaient également très nombreux. On y retrouvait entre autre Ella Fitzgerald, Peggy Lee et Janet Leigh qui chantait elle aussi. Sans être un chef d'oeuvre le film de Webb était nettement supérieur au film de Kardos. 

Vu en VOST. Film passé à la TV chez nous.