THE GOOD FAIRY. LA BONNE FÉE. William Wyler. 1935 

 

Good Fairy

 Avec Margaret Sullavan (Luisa Ginglebuscher), Frank Morgan (Konrad), Reginald  Owen (Detlaff),  Herbert Marshall (Max Sporum), (Detlaff),  Eric Blore (Mr. Metz), Beulah Bondi (Dr. Schulz), Alan Hale (Maurice Schlapkoh) et Luis Alberni (Le barbier) 

Un homme d'affaire qui dirige le plus grand cinéma de Budapest se rend dans un orphelinat de jeunes filles pour y embaucher des ouvreuses qu'il veut de bonne moralité. Il choisit Luisa, une jeune fille naïve, rêveuse et à l'imagination fertile. Au cinéma elle fait la connaissance de Detlaff, qui la débarrasse d'un dragueur insistant et l'invite à passer la soirée avec lui dans un bal populaire de la ville. Serveur au Métropole, un Hôtel de luxe fréquenté par des politiques et par l'aristocratie, il réussi à l'y faire entrer. Luisa est aussitôt remarquée par Konrad, un riche industriel qui réussit à l'attirer dans un salon privé. Malgré les interventions de Detlaff qui cherche à tirer Luisa de ce guêpier, Konrad veut à tout prix parvenir à ses fins. Pour se débarrasser de lui, Luisa s'invente un mari qu'elle se choisit dans l'annuaire mais cette information, au lieu de décourager le millionnaire, l'incite à le rencontrer et à lui offrir une bonne situation. Il rencontre donc le soi-disant mari, Max Sporum, un avocat fauché et lui offre le poste de conseiller pour l'Europe de son groupe afin de l'éloigner de Budapest et séduire ainsi Luisa. Celle ci tente tant bien que mal de le tenir à l'écart car après avoir assurer sa fortune, elle s'est mis en tête de transformer Sporum, un homme austère et tout à fait sinistre et de le rendre heureux... Detlaff de son coté cherche avant tout à la sortir de cette situation inextricable... 

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Une très bonne comédie mais pas celle dont on aurait pu rêver. La faute à un scénario parait-il édulcoré par le studio par rapport à la pièce d'origine, ensuite à cause de la mise en scène trop sage de Wyler (C'est presque proverbial). Cette histoire d'une jeune fille qui veut faire le bien, en bonne fée, mais qui se heurtera à la réalité des désirs des adultes sentait le souffre. Wyler qui était encore un débutant n'a sans doute pas pu imposer un traitement plus audacieux du sujet...alors qu'à la même époque un Lubitsch et quelques autres nous auraient offert un chef d'oeuvre. 

Reste la patte Preston Sturges qui écrivit le scénario d'après une pièce de Ferenc Molnar. Dans quelques détails secondaires, les noms impossibles des protagonistes. Le propriétaire du cinéma : Maurice Schlapkohl. La bonne fée : Luisa Ginglebuscher, etc...On a droit aussi à l'incursion d'un peu de Slapstick mais plutôt moins que dans les autres scénarios de Sturges, sans parler de ses propres films. 

the good fairy foxine

Reste aussi des dialogues brillants servis par un formidable duo :

Frank morgan, libidineux mais timide et maladroit opposé à Margaret Sullavan, jeune fille naïve, charmante et rêveuse. 

Le troisième personnage est lui aussi très bien campé par Herbert Marshall. Il est assez drôle en vieux/jeune. Austère, rigoriste, fier d'affirmer que s'il est un avocat pauvre, c'est qu'il n'a jamais accepté aucun compromis...ce qui ne va pas sans contradiction avec son acceptation d'un contrat juteux véritablement tombé du ciel. 

Par contre, on reste assez frustré par le peu de choses que l'on demande à des seconds rôles aussi géniaux que : 

-Eric Blore, qui joue ici un ministre qu'on verra toujours bourré.

-Luis Alberni, le génial Louis Louis, directeur de l'hôtel du Easy Living de Mitchell Leisen, joue ici un barbier mais il n'a malheureusement qu'une scène pour s'exprimer.

-Quant à Reginald Owen, le serveur bougon, qui lui aussi sans doute rêve de se "faire" la belle "Margaret, il jouera tout le film dans le registre de l'exaspération...Ses mimiques sont d'ailleurs forts drôles mais c'est demander à Horowitz de jouer du Clayderman... 

Peut être injustement, j'attribue la demi réussite de ce film à Wyler. Echaudé par le bonhomme, je prends le pari qu'il n'a pas réussi à se décoincer pour un sujet en or massif... 

Vu en vost. Passé à la TV française, sur le sat. mais çà doit faire un bon moment.