PITFALL. Andre de Toth. 1948

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Production : Samuel Bischoff (Pour Regal Films)

Scénario : Karl Kamb

Dir. de la ph : Harry Wild

Avec Dick Powell (John Forbes), Lizabeth Scott (Mona Stevens), Jane Wyatt (Sue Forbes), Raymond Burr ( Mac Donald)

 

John Forbes, cadre dans une société d'assurance, marié et père d'un jeune garçon, s'ennuie dans un quotidien morne très loin de ses rêves de jeunesse. Un jour, au cour d'une affaire, il est amené à rencontrer Mona Stevens, une jeune mannequin qui s'est vu offrir de multiples cadeaux par son petit ami Bill Smilley mais ils avaient été achetés avec de l'argent volé et Smiley est d'ailleurs sous les verrous. Forbes a été chargé de retrouver les marchandises achetées et de les restituer pour minimiser les frais d'assurance. Mac Donald le détective privé qui travaille pour la compagnie  a retrouvé la trace de Mona et en est tombé amoureux mais très rapidement c'est Forbes  qui tombe à son tour sous le charme de la jeune femme et a une brève aventure avec elle.  Mac Donald qui lui a été repoussé, est prêt à tout pour faire cesser l'idylle naissante. Un soir il tabasse Forbes, fait du chantage, menace puis fortuitement Mona découvre que Forbes est marié. Dès lors, elle rompt avec lui…

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Malgré les apparences, un pur film noir.

On peut voir aussi dans cette histoire une certaine critique du couple modèle américain et de son mode de vie. Dans la séquence d'ouverture on assiste au lever de toute la famille et malgré l'humour ou plutôt l'ironie bienveillante de John, on perçoit dans les dialogues avec son fils et sa femme un homme usé par les vieilles habitudes et la routine du quotidien.  Plus tard, après la brève idylle avec Mona, c'est l'impossibilité (pour lui) de révéler à sa femme cette brève liaison qui sera cause des drames à venir. De Toth ironisera d'ailleurs sur l'attitude de Forbes une fois que Mona aura rompu avec lui. Il semblait plutôt heureux de cette double vie qui commençait mais dès le lendemain de la rupture,  soulagé, il arrivera  inhabituellemment guilleret au bureau. Le metteur en scène insiste un peu plus sur cette "lâcheté" en  ajoutant une musique légère de circonstance. Il le montre ensuite et pour la seule et unique fois, jouant avec son fils et…vantant les bienfaits de la vie de famille.  Enfin, même lorsque les drames auront eu lieu, et lorsque Sue Forbes aura enfin la révélation de l'infidélité momentanée de son mari, et que celle ci pourra être révélée par la police et la presse, ses véritables reproches seront moins pour l'écart de John, que justement pour ses craintes de voir le scandale éclabousser sa famille. Et d'ailleurs le final faussement positif est en réalité absolument cauchemardesque...mais je sais que certain le trouve bouleversant.

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Dick Powell est parfait en homme qui doute de lui-même et rêve de mettre un peu de piment dans une vie trop réglée. Jane Wyatt est l'épouse modèle typique. Quant à Lizabeth Scott, elle n'est en rien la femme fatale de tant de Film Noir. Elle est douce, pleine de compréhension et n'est en rien responsable des drames à venir. 

Les autres hommes de l'histoire sont très inégalement servis. Le petit ami de Mona, Bill Smiley, qui est incarcéré pendant une bonne partie du récit, n'interviendra que dans le final (l'interprétation de l'obscur Byron Barr est d'ailleurs le seul point faible du film). Par contre, Mac Donald interprété par Raymond Burr, dans un de ses meilleurs rôles de l'époque, est un autre personnage clé de l'histoire. C'est lui qui sera le déclencheur des drames à venir. C'est une crapule pathétique qui par désespoir amoureux tente une habile machination…Le prétendu amoureux fou est aussi et surtout un monstre de froideur…et de sang froid.

Un des meilleurs films de André de Toth et son meilleur Polar/Film Noir avec CHASSE AU GANG 

Vu en VOST  (sous-titré par un ami) mais inédit en France.

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