TWO OF A KIND. Henry Levin. 1951

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Avec Edmond O'Brien (Michael Farrell), Lizabeth Scott ( Brandy Kirby), Terry Moore (Kathy McIntire) et Alexander Knox (Vincent Mailer)

 

Le film s'ouvre sur les investigations menées par Brandy Kirby au sujet d'un homme qu'elle souhaite retrouver. On pense d'abord qu'il s'agit d'un frère perdu de vue…mais il n'en est rien. Elle est en réalité à la recherche de l'homme qui pourrait usurper l'identité d'un jeune garçon disparu des dizaines d'années plus tôt. En effet, un couple très riche, parvenu à la fin de sa vie, n'a jamais cessé de rechercher son fils de trois ans disparu lors d'un séjour à Chicago. Depuis quelques années, ils ont confié cette mission à leur homme de confiance et avocat Vincent Mailer…qui décide d'aider la providence en "fabriquant" un fils de substitution pour s'approprier l'héritage qui sinon est promis à revenir à des oeuvres de charité. Il envoie donc sa petite amie Brandy rechercher dans les orphelinats de Chicago un enfant qui pourrait convenir. Elle le trouve et poursuivant ses investigations sur le parcours de cet homme, elle découvre qu'il a eu à maintes reprises des ennuis avec la justice, qu'il est fauché, joueur et un brin escroc…et qu'il serait donc à priori le bon candidat pour se substituer à l'héritier d'une grande fortune.  

Le couple commence donc par préparer Farrel avant les retrouvailles avec ses "parents". 1ère chose pour Farrell : Sacrifier le  bout du petit doigt de sa main gauche…puisque le petit garçon en avait été accidentellement amputé…  

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Un film noir, certes…mais qui ne va pas au bout de ses possibilités en raison de l'orientation prise par le scénariste. Plutôt que de s'intéresser au potentiel de tension et de suspense inhérents à l'escroquerie en elle-même, il se penche surtout sur les relations personnelles et "amoureuses" empreinte de méfiance et de jalousie qui naissent très rapidement entre les 3 escrocs et…un 4ème personnage, Kathy, la nièce du vieux couple, une charmante et espiègle jeune fille que Farrell a pour mission de séduire afin de s'introduire dans la famille et être identifié comme le fils disparu.  

Tout ceci pouvant  constituer des nids de jalousie et de trahisons potentielles entre les méchants ce qui est assez dangereux quand le jeu de dupes est compliqué à tenir et demande de rester soudé…Or Vincent Mailer, le cerveau de l'affaire  est un peu trop tendre pour tenir son monde même s'il finira par vouloir accélèrer "le processus de succession". Michael Farrell quant à lui est un peu trop séduisant et brave type et les deux filles…(laconique…). 

Tout ceci est d'ailleurs très bien fait et intéressant mais éloigne nettement le film du projet initial ou plutôt du film qu'on attendait. 

Reste l'interprétation assez inégale :

Alexander Knox n'est pas assez convaincant en crapule en col blanc. C'est le plus en retrait du film avec…et c'est surprenant, la belle Lizabeth Scott, que j'adore habituellement, mais qui là est assez effacé par rapport...à Terry Moore, qui incarne une post adolescente naïve, espiègle, d'une grande vitalité et d'une tout aussi grande sensualité, sans sembler s'en rendre compte. Une sorte de Debbie Reynolds délurée en somme. Et enfin Edmond O'Brien que je n'avais jamais vu véritablement dans un rôle de séducteur est absolument formidable et surprenant.

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Quant à la mise en scène, elle fait parfois preuve d'une économie narrative impressionnante. Après que Brandy ai décidé de rentrer en contact avec ce candidat potentiel pour usurper l'identité du fils disparu, elle parvient à attirer l'attention de Michael, a tester son courage face à un voyou embauché et complice, a le faire arrêter et libérer, et à le convaincre de mettre la main dans la portière d'une voiture pour sacrifier son petit doigt…à l'issu d'une brève discussion pour lui expliquer le projet ! Tout ceci en 10 min. chrono…

 

Pour l'anecdote...mais çà commence à être rare, les deux filles du film, Lizabeth Scott et Terry Moore, sont toujours parmi nous.  

Vu en VO avec st anglais. Le film figure sur un coffret paru aux usa sous le titre "Bad Girls of Film Noir, vol. 1"