LA FOULE EN DÉLIRE. THE CROWD ROARS. Richard Thorpe. 1938

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Avec Robert Taylor (Tommy "Killer" McCoy), Edward Arnold (Jim Cain/James Carson), Frank Morgan (Brian McCoy), Maureen O'Sullivan (Sheila Carson), Lionel Stander ("Happy" Lane)  et Jane Wyman (Vivian)

 

Tommy, le jeune fils d'un artiste de music hall raté, alcoolique et joueur, se débrouille comme il peut pour subvenir aux besoins de la famille qui vit misérablement dans un taudis. Pourtant Brian, le père, toujours prétendument en attente d'un contrat juteux, refuse systématiquement les emplois que  lui propose son fils. Un jour, Tommy, qui possède un don certain pour le chant se produit en préambule d'un combat de boxe et à l'issu du numéro, voyant que le cachet des jeunes boxeurs est plus important que le sien, il se propose pour affronter le vainqueur du combat. Il l'emporte d'ailleurs aisément aussi Johnny Martin, le champion du monde des moyens qui officiait comme arbitre du jour, voyant tout son potentiel, le  prend sous son aile et lui apprend le métier. Pendant 5 ans, Tommy, tout en continuant de se produire sur scène, poursuit son apprentissage et son ascension  même lorsque Martin est battu sévèrement et abandonne la boxe.  

Un jour son adversaire se blesse juste avant le combat et pour le remplacer les organisateurs choisissent Johnny Martin qui tente un retour. Malheureusement, celui ci, hors de forme, même si Tommy décide de l'épargner en n'utilisant pas son point fort, son bras droit, tombe KO et ne se relève pas. Le soir de la mort de Martin, Tommy découvre que son père, une nouvelle fois saoul, a vendu son contrat de manager à Jim Cain, qui derrière une façade officielle d'homme d'affaires est en fait un important bookmaker qui trempent aussi dans différents trafics et  truquent des combats. Pour Tommy, c'en est trop. Responsable de la mort de son mentor, trahi une nouvelle fois par son père, il décide d'arrêter la boxe.  

Après une errance de plusieurs mois, il se présente toutefois à Jim Cain, décide de reprendre sa carrière et accepte la proposition de l'homme d'affaires douteux, ne pas donner tout son potentiel dans les prochains combats pour faire monter sa côte. Maintenant, surnommé "Killer McCoy» par les médias, Tommy poursuit son ascension vers le titre suprême…

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Le film propose un mélange des genres plutôt habituel mais rate à peu près tout.

- Le film de boxe : l'aspect social, l'entourage, les combats. 

On découvre un adolescent d'une douzaine d'année doté d'une voix de rossignol et d'emblée assez courageux sur le ring. Par la suite on  survolera ses années d'apprentissage durant lesquelles il suivra Johnny Martin tout en poursuivant une modeste carrière de chanteur d'arrière salle de bars miteux ou en préambule des combats de boxe…ce qui est à peu près aussi intéressant et crédible que si on avait fait de l'un des "Choristes" un apprenti catcheur…mais passons. Tommy est toujours flanqué de son père alcoolique qui joue et perd ses modestes cachets. Le rôle est tenu par Frank Morgan, souvent formidable mais qui est là en dehors de son champ de compétence…ou plutôt qui a été très mal dirigé. Le reste de l'entourage pugilistique est plus crédible à commencer par l'entraineur incarné par Lionel Stander, encore un de ces seconds rôles dont on connait forcement la tête sans toutefois toujours pouvoir mettre un nom dessus.  

Par contre, les scènes de combat sont parmi les plus médiocres que j'ai jamais vu…or il y en a beaucoup. Passons sur le fait que Robert Taylor n'avait pas vraiment, ou plutôt n'avait vraiment pas la gueule de l'emploi, et qu'il était aussi doué pour boxer que Stallone (médiocre boxeur lui aussi) pour danser le "Lac des cygnes"…mais parfois certains metteurs en scène réussissaient à dissimuler ces insuffisances par des artifices de mise en scène. Ici, il n'en est rien, Thorpe fait preuve ici de sa médiocrité habituelle. 

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- Le film de gangsters : l'emprise mafieuse sur le milieu, combats truqués, etc… 

C'est la aussi très léger et peu crédible. Edward Arnold qui incarne l'homme d'affaire douteux qui deviendra le manager secret de Tommy n'est pas mal mais le stratagème qu'il monte pour soutirer un maximum d'argent à "Pug" Walsh, incarné par Nat Pendleton, un passionné de boxe, gros parieur et par ailleurs  chef d'un gang rival est grotesque. Par ailleurs, le conflit, la rivalité entre les deux gangs à travers la personnalité de leurs chefs crée peu de tension sauf lorsqu'un des gang décidera d'utiliser la manière forte contre l'entourage de Tommy. 

- Vie privée et histoire personnelle du champion : 

Les relations avec son père sont un peu plus intéressantes. C'est un homme assez drôle et parfois touchant mais tous les malheurs de Tommy surviennent en raison de la faiblesse de son père. Tommy, alors qu'il n'est pas encore très sûrs de vouloir faire une carrière de boxeur professionnel y est contraint pour rembourser une nouvelle dette de jeu contracté par son père. Plus tard, c'est son alcoolisme qui le fera trop parler aux mauvaises personnes ce qui mettra Tommy en danger. Finalement, Il se rachètera de manière surprenante, prenant pour une fois une décision courageuse… 

La romance est assez originale mais entraine des développements très peu crédibles puisque la petite amie n'est autre que la fille du douteux mentor. Cette romance interdite avec une jeune fille, étudiante, éduquée, incarnée par Maureen O'Sullivan, qui ne connait pas la double identité de son père, amène de bonnes scènes plutôt bien dialoguées entre la belle et la bête (bonne bête quand même...)...mais rien d'inoubliable non plus.

 

Bref, ce n'est pas un si mauvais film mais c'est quand même le moins intéressant film de boxe des années 30, 40 et 50 que j'ai vu...et j'en ai vu pas mal...Il sera refait 10 ans plus tard par Roy Rowland sous le titre :

McCoy aux poings d'or (Killer McCoy). C'est d'ailleurs le prochain film que je vais critiquer.

 

Vu en VOST