McCOY AUX POINGS D'OR. KILLER McCOY. Roy Rowland. 1947

killer-mccoy 

Avec Mickey Rooney (Tommy "Killer" McCoy), Brian Donlevy (Jim Caighn/Carson), Ann Blyth (Sheila Carson), James Dunn (Brian McCoy), Sam Levene (Happy) 

L'intrigue reprend presque intégralement la trame du film de Richard Thorpe, LA FOULE EN DÉLIRE (The crowd roars) dont il est le remake et parfois même des séquences entières du film original. Je ne vais donc parler ici que des différences notables entre les deux films. 

S1408-3

-A propos de Tommy, le personnage principal. 

Dans le film de Thorpe, on le découvrait âgé d'une douzaine d'année, aussi même si les années d'apprentissage étaient survolées, çà aurait pu permettre plus tard de dramatiser le combat et surtout l'avant combat entre le jeune homme devenu un boxeur prometteur et son ancien mentor. Thorpe aurait pu faire de l'ancien champion du monde une sorte de père de substitution  d'autant plus que le véritable père, pourtant omniprésent, était une épave certes sympathique mais un boulet que trainait son fils et un homme par qui involontairement les malheurs arrivaient. C'était tout au moins potentiellement dans le scénario…mais en réalité Thorpe ne faisait rien ou presque de cet aspect. 

Dans le remake, on découvre Tommy bien plus âgé, déjà jeune homme et par conséquent déjà incarné par Mickey Rooney. D'autre part, sans aucun doute pour se servir des qualités spécifiques de Rooney et de James Dunn qui incarne Brian McCoy, Tommy n'est plus uniquement chanteur mais également danseur et ils montent tous les deux sur scène. Les numéros qu'il crée avec son père sont d'ailleurs très convaincants en raison notamment du dynamisme légendaire de Rooney.  

Il est d'ailleurs bien est plus crédible que Robert Taylor en gosse des rues débrouillard qui veut par tous les moyens sortir de son existence misérable. Il devient boxeur par accident lorsqu'il constate que l'on y gagne mieux sa vie que dans le music hall, le milieu dans lequel son père végète. Il a par ailleurs du boxeur un peu plus la gueule de l'emploi que Robert Taylor qui était un bien trop beau gosse.

Killer_McCoy_3

Par contre, les combats de boxe sont aussi peu crédibles que dans le film original même si Rooney encore une fois y donne toute son énergie coutumière. Cependant, Rowland tient un peu plus compte de la faiblesse technique des boxeurs dans sa mise en scène qui masque (un peu) les insuffisances des combattants et il parvient à rendre ces scènes plus dynamiques que ne le faisait Thorpe. On peut dire la même chose des scènes d'action en général et de celles de "polar". Le choix des angles, le montage et le jeu des comédiens rendent plus dynamiques toutes ses séquences.  

Autre différence un peu notable, la rencontre avec Sheila Carson incarnée par Ann Blyth, mieux qu'il ne l'était dans le film de Thorpe par Maureen O'Sullivan. Un personnage féminin a disparu, c'est Vivian, l'amie et rivale de Sheila qui était tenu par Jane Wyman. Dans le remake, l'intrigue sentimentale est simplifiée et ce n'est pas plus mal. De plus, les dialogues entre Tommy et Sheila sont parmi les mieux écrits du film. 

Pour ce qui est des méchants, rien à signaler. Brian Donlevy à la place d'Edward Arnold ne change rien aux faiblesses d'un scénario indigent concernant tout ce qui touche au milieu douteux de la boxe.  

En revanche l'obscur James Dunn est bien plus intéressant que ne l'était Frank Morgan dans le rôle du père de Tommy. C'est ici une vrai épave pathétique crédible qui a gâché un vrai talent artistique par son gout du jeu et surtout à cause de son alcoolisme.  

Pour l'anecdote, on aperçoit 2 célébrités dans des rôles mineurs. Shelley Winters fait une brève apparition dans une séquence muette et surtout Bob Steele, dans un de ses rares rôles en dehors du western,  incarne très bien Sailor Graves, un sympathique boxeur vieillissant,  adversaire malheureux de Tommy. 

Au final, même si ce film est loin d'être un indispensable du film de boxe, il serait tout de même un peu meilleur que son modèle.

rooney-and-blyth 

Vu en VO. 

Paru aux USA dans la collection "Warner Archive"