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Avec Spencer Tracy (Pete), Irene Dunne ( Dorinda), Van Johnson (Ted), Ward Bond (Al Yackey), James Gleason (Nails), Lionel Barrymore (Le général), Esther Williams (Ellen) et Charles Smith (Sanderson)

Durant la seconde guerre mondiale, Pete, un pilote américain d'une unité de bombardiers basée en Angleterre a une réputation de casse cou prêt à prendre tous les risques pour réussir les missions qu'on lui confie. Il est d'ailleurs très admiré par ses camarades mais sa hiérarchie lui reproche ses audaces et souhaite en faire un instructeur. Dorinda, sa petite amie elle-même pilote, finit par convaincre Pete d'accepter le poste de formateur qu'on lui propose mais le soir même il est contraint de participer à une dernière mission. Il décolle en pleine nuit pour bombarder un porte avion allemand. Son avion est touché et prend feu mais alors qu'il ordonne à son équipage d'évacuer l'appareil, lui même demeuré seul à bord, parvient à lâcher ses bombes sur le navire mais il s'écrase aussitôt après.
Il rejoint le paradis des pilotes et est très vite renvoyé sur terre pour servir de guide et d'ange gardien à Ted, un jeune pilote inexpérimenté. Pete s'acquitte parfaitement de sa tache mais la situation se complique quand Dorinda réapparait et que son jeune protégé semble la trouver à son gout...

 

Un film qui tient du film de guerre, de la romance et du film fantastique. Puisque je suppose que tout le monde ou presque a vu " Always " de Steven Spielberg qui est le remake de ce film de Fleming, je vais simplement survoler le reste de l'intrigue et revenir brièvement sur quelques différences notables.

Les évènements du film de Spielberg se déroulait à l'époque de son tournage, dans les années 80, Fleming et son scénariste Dalton Trumbo eux aussi avaient tourné un film se déroulant à l'époque de son tournage mais ils se servaient donc du contexte de la seconde guerre mondiale et c'était par conséquent moins anecdotique que dans le remake. En effet, même si c'est assez secondaire, il y a un aspect "film de propagande" dans l'original. Pete s'effacera définitivement devant le jeune prétendant de Dorinda, n'acceptera véritablement sa "mort" que quand on le convaincra qu'il a encore un rôle important à jouer dans la grande histoire. Ted deviendra en effet un héros grâce à l'intervention de Pete qui guidera le jeune homme. Fleming est d'ailleurs comme souvent très à l'aise dans les scènes d'action. On assiste à des combats aériens assez spectaculaires au tout début du film puis dans sa partie finale quand Ted, assisté de son ange gardien, participera glorieusement aux combats dans le Pacifique.

Par contre, il est très sobre, presque trop, dans sa façon de montrer la relation amoureuse de Pete et Dorinda, du vivant de Pete et même après sa mort. La sobriété de Fleming et de Trumbo, un certain manque de chaleur et de sensibilité, desservent un peu le film dans sa première partie. Cette bande annonce en quelque sorte des sentiments puissants qui sont censés animer le couple manque de chaleur et limite par conséquent l'impact des émotions ultérieures liées aux retrouvailles des anciens amants et celles ressenties par Pete quand il refusera par jalousie de s'effacer devant le jeune Ted. Pour être tout à fait précis, je préfère tout de même ces défauts tout relatifs...aux excès inverses qu'ont a pu voir dans les histoires romantiques de fantômes dans le cinéma des 20 dernières années. Le dégoulinant " Ghost " par exemple était écoeurant, bien plus en tout cas que le remake de Spielberg qui était en comparaison plutôt honorable. Il a en effet relativement respecté l'original car des scènes entières et de nombreux dialogues du film de Fleming se retrouvent presque telles quelles dans son remake. Je peux notamment citer les longues tirades entre Pete et Dorinda lorsqu'ils se disputent au sujet de l'insouciance du pilote risque tout et qu'elle l'incite en vain à prendre moins de risques. Plus tard, les dialogues entre Dorinda et Al, le meilleur ami, se ressemblent comme deux gouttes d'eau.

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L'interprétation :
Spencer Tracy et Irene Dunne sont comme d'habitude excellents avec une mention spéciale pour la lumineuse Irene, devenue depuis 5 ou 6 ans, une de mes actrices préférées avec Barbara Stanwyck, Gene Tierney et Margaret Sullavan. On peut juste déplorer une chanson moyenne interprétée par Irene...qui sing pas très bien mais on moins c'est vraiment elle, la chanson " I'll Get By " dont le thème musical reviendra à plusieurs moments du récit. C'est le leitmotiv musical du film, le thème de Pete et Dorinda comme le sera la chanson " Smoke Gets in your Eyes " d'une manière beaucoup moins discrète dans le remake de Spielberg. Je précise tout de même que le seul registre dans lequel je n'aime pas beaucoup Irene Dunne, c'est précisément le Musical. Après Roberta, je viens de découvrir " Quelle joie de vivre " et, si le film n'est pas mal du tout, je confesse et confirme mes impressions antérieures : je n'aime pas du tout sa voix chantée...

Le prétendant de Dorinda est joué par le débutant Van Johnson dans son premier rôle important dans un film de prestige. Il interprète très bien ce jeune homme séduisant, dragueur et insouciant. Il est en tout cas infiniment meilleur que l'obscur Brad Johnson qui joue le même rôle dans le film ultérieur. Par contre, concernant l'interprète du meilleur ami du couple, c'est le contraire. Le très limité Ward Bond est très loin de valoir l'excellent John Goodman. A l'accueil du paradis des pilotes, on trouve un défunt général interprété par Lionel Barrymore qui intervient à plusieurs moments du récit pour recadrer les anges inexpérimentés. Cet officier supérieur des anges pilotes est remplacé dans le remake par le personnage interprété de manière lumineuse par Audrey Hepburn. Ce fut d'ailleurs malheureusement son dernier rôle au cinéma. C'est LE personnage très différent de l'original et un vrai apport de Spielberg. Dans les autres rôles secondaires, on retrouve Esther Williams, elle aussi dans un de ses premiers rôles, juste avant son premier plongeon dans le grand bassin (Le bal des sirènes date de 1944) ainsi que Charles Smith, le jeune commis Rudy qui passait le réveillon avec Mr. Matuschek à la fin du sublime "Shop around the corner" de Lubitsch.

Apparemment, il semble bien que dans le scénario original de Trumbo, il faisait mourir Dorinda à la fin et elle rejoignait Pete au ciel. Cette fin a été refusée par la production car elle était présentée comme un suicide, ou elle pouvait être interprétée ainsi...

Vu en VOST. Passé sur le sat. français

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