Poster - Omar Khayyam_02

Scénario : Barré Lyndon
Image : Ernest Laszlo
Musique : Victor Young
Produit par Frank Freeman (Paramount)

Durée : 101 min     Avec :

Cornel Wilde (Omar Khayyam)
Michael Rennie (Hassan Sabah)
Debra Paget (Sharain)
John Derek (Le prince Malik)
Raymond Massey (Le shah)
Joan Taylor (Yaffa)
Sebastian Cabot (Nizam)

 

L'empire perse vit une époque troublée par la conspiration de la secte des Assassins qui s'introduisent jusque dans le palais pour supprimer leurs plus farouches opposants. De plus, des troupes envoyées par les Byzantins s'approchent du pays. Le Shah souhaitant s'entourer des plus grands talents afin de préparer la guerre consulte ses conseillers. C'est ainsi qu'au cours d'une audience, l'amitié du grand vizir Nizam et celle de Hassan Sabah, un marchand et aventurier, valent à Omar Khayyam, d'être présenté au shah. Omar, un doux rêveur dilettante, à la fois poète et scientifique, surprend par son indépendance d'esprit et son impertinence mais en raison de sa sincérité, il séduit le Shah et se voit confier une première mission scientifique et on lui permet d'étudier dans une tour observatoire. Le même jour, il apprend que le Shah a décidé de prendre une nouvelle épouse et la jeune femme choisie n'est autre que la fiancée d'Omar, Sharain, la fille de l'imam de Nichapur. Il pense d'abord fuir, veux s'opposer au mariage puis y renonce. Son prestige grandit à la cour et lorsque le frère du Shah est assassiné à l'intérieur même du palais, Omar, sous un prétexte scientifique, prend le chemin de la capitale secrète des Assassins et s'introduit au coeur de la secte…

Une "orientalerie" qui a un peu plus de personnalité que d'autres pourtant plus célèbres. Les dialogues d'abord sont largement supérieurs à la moyenne. Omar étant poète, le dialoguiste a fait un effort pour que le texte soit à peu près digne du personnage historique. Les dialogues notamment ceux échangées entre Omar et Sharain sont les mieux écrites et leurs rencontres se déroulent dans les plus beaux cadres du film. Par 2 fois, dans la scène d'ouverture et dans celle qui vient conclure le film, c'est un jardin idéal qui servira de cadre à cette parenthèse idyllique puis pour les retrouvailles finales. Entre temps, Dieterle se sert des éléments de décors pour montrer joliment la nature clandestine de l'amour subsistant entre les anciens lamants. Il filme à travers les moucharabieh les amours contrariés des anciens amants. Mais Omar ne se contente pas d'amour platonique et il ne reste pas longtemps inconsolable. Lorsque son ami marchand lui envoie une esclave pour le servir en tout point et pour le consoler de la perte de Sharain, il commence par repousser la jolie Yaffa mais elle sait se montrer indispensable et réussit à convaincre Omar de la garder dans une longue scène assez drôle qui nous la montre énumérer les uns après les autres tous les services ménagers qu'elle pourrait apporter dans la vie matériel du poète et scientifique comme il se doit un peu bordélique. Le dialogue fait aussi allusion aux services de nuit qu'elle portait rendre "je te donne ma clé secrète" et il finit par céder, ouvre une 1ère serrure, ôte son collier de fer et la prend à son service. Même si l'humour y est moins évident que dans d'autres productions de l'époque (certains des films qui offraient la vedette à Tony Curtis par exemple) un humour pince sans rire baigne tout de même le film.

Parfois, on se demande si c'est volontaire s'agissant du personnage incarné par Yma Sumac. Elle joue une danseuse et (malheureusement chanteuse) du harem et chante (à 3 reprises mais brièvement et on avait du partiellement l'insonoriser). La dernière fois qu'on la voit, alors qu'elle chante assise au coté de Sharain dans une scène de bain, une servante est appelée par la reine qui lui demande : "Dites lui qu'elle se taise !!!". Je rêve qu'il s'agissait d'un message subliminal adressée par Dieterle à son actrice et chanteuse…Enfin, plus tard, lorsque l'on montre à Omar les rites d'initiations des Assassins, les danses des adeptes de la secte (dont le nom viendrait selon certaines étymologies de l'usage du haschich...d'ou "Haschichins" dont l'usage faisait peut-être partie des pratiques d'initiation de la secte mais ce point est contesté) sont assez croquignolesques. Ils se mettent tous à tourner comme des diables…pardon comme des derviches tourneurs, et le grand maitre dit à Omar qu'ils sont tous sous l'emprise du Haschich, mais personne ne tombe malade (çà tourne la tête votre truc) et personne malgré tout ne file en douce dégobiller son repas derrière les tentures (c'est Hollywood quand même…Il faudrait même que je m'en rappelle quelquefois).


La suite de l'intrigue est presque sans surprises. l'amitié trahie et doublement. La rivalité entre les 2 fils du shah, l'un appuyé par sa mère, c'est le coup classique du bon fils et du mauvais. Peu d'action, peu de batailles et regrettablement la figuration y est assez faible. On s'aperçoit aussi du manque de moyens dans les scènes d'intérieur qui se déroulent en grande partie dans les mêmes décors et ses décors sont assez vilains. Les interprètes qui ont bien plus à faire que ce qu'on leur demande habituellement montrent certaines limites (Cornel Wilde, Debra Paget), un autre traine sa belle gueule mais joue comme d'habitude, comme un cochon (John Derek). Raymond Massey se prend un peu trop au sérieux en Shah d'Iran mais il meurt bien et surtout au bon moment permettant à Omar Et Sharain de renouer sans que ce soit scandaleusement immoral. Sympathique mais dans le genre "oriental", il y a mieux.

Omar Khayyam, mathématicien, astronome, philosophe et poète, a réellement vécu à Nichapur en Iran aux 11 et 12ème siècle. Comme on peut s'en douter, la biographie hollywoodienne est d'une rigueur absolue :mrgreen: (De toute façon, de nombreux éléments biographiques sont controversés et on connait de lui surtout ses écrits scientifiques et ses poèmes). J'essaierais de revenir rapidement vers les autres Bagdaderies, aventures moyen-orientales ou nord-africaines. Il y en a beaucoup et certains metteurs en scène s'y sont pas mal adonné. George Sherman : Le prince de Bagdad avec Victor Mature et La princesse de Samarcande avec Ann Blyth. Je peux aussi citer Aladin et la lampe merveilleuse  d'Alfred E. Green avec Cornel Wilde. Saadia d'Albert Lewin avec encore Cornel Wilde et Mel Ferrer ou les plus célèbres Le voleur de Tanger et Le fils d'Ali Baba, tous les deux avec Tony Curtis. Les milles et une nuits avec Maria Montez. L'aigle du désert avec Yvonne De Carlo. les 3 derniers ont été édités en DVD.