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Fred Scott, un spécialiste reconnu dans l'extinction des incendies de puits de pétrole arrive à Caracas pour y passer des vacances sans savoir que tout près de là, sur le lac de Maracaibo, un incendie vient de se déclarer sur une plate forme pétrolière. A peine arrivé, il rencontre  Laura Kingsley, une jeune romancière à succès américaine avec laquelle il prend du bon temps avant qu'une idylle ne démarre entre eux.  Bientôt, les ingénieurs travaillant au service de Miguel Orlando, le richissime homme d'affaires propriétaire du gisement en flammes,  apprenant sa présence au Venezuela, sollicite Fred qui arrive à Maracaibo avec Laura. Il retrouve sur place son vieil ami Milt Karger ainsi que Lago, le fils adoptif de Miguel Orlando qui se proposent pour l'assister mais Fred découvre aussi qu'Elena, une de ses anciennes maitresses, est devenue celle de Miguel qui ignore tout de son sulfureux passé…

Maracaibo était le 3ème film réalisé par Cornel Wilde et le 4ème produit par Theodora productions, la société qu'il avait crée à l'origine pour produire Association criminelle (The Big Combo) de Joseph H. Lewis. C'est un film d'aventures assez inégal dont l'aspect le plus séduisant ne sont pas les scènes spectaculaires ( l'incendie,  les scènes sous marines, le sauvetage, etc…), tout ce qui appartient au cinéma d'action et d'aventures, mais les moments d'accalmie et de détente, notamment l'histoire d'amour entre Fred et Laura en raison de la façon dont Cornel Wilde rend compte de sa fascination pour sa charmante épouse Jean Wallace. C'est avec une candeur touchante que Wilde semble faire une très longue déclaration d'amour à sa femme, multipliant les plans décoratifs sur : Jean en maillot de bain, qui danse, qui rie aux éclats, qui chante, qui est inquiète pour son Red Adair…quand il ne multiplie pas les plans sur ses courbes généreuses. Toutes les scènes ou on les voit ensemble, cote à cote ou face à face, les regards ou les sourires échangés trahissent les liens qui existaient entre eux. Lui même, c'est aussi dans un registre léger, détendu et souriant qu'il est le plus agréable comme dans les scènes qui marquent la rencontre entre Fred et Laura. Il l'a croise alors qu'elle se dirige vers le port, elle ôte son peignoir et se lance sur le lac en ski nautique. Fred ne prend alors pas le temps d'enlever son costume de ville et tracté par un autre loueur, il se lance à la poursuite de Laura puis, lorsqu'il arrive à sa hauteur, on a droit à une séquence de drague sur l'eau assez amusante (seulement partiellement truquée grâce aux transparences).

 Très vite, le film reprend son cours "normal". Lorsque Fred, Milt et Lago se rendent en bateau sur le lieu de l'incendie, un premier examen de la situation convaint Fred qu'il faut agir vite car en raison de la violente tempête  qui est annoncée, l'incendie risquerait de se propager à la ville (1) et de provoquer une catastrophe sans précédent. Les séquences d'action sont parfois spectaculaires et les images sous marines assez belles et assez habilement mises en scène pour ménager leurs doses de suspense. Une première tentative pour éteindre l'incendie va tourner au drame avant que Fred ne se décide à employer les grands moyens en tentant de stopper l'incendie à coup de nitroglycérine. 

 Entre deux scènes d'action, on suit l'évolution d'une sous intrigue sentimentalo-dramatique qui ne présente pas beaucoup d'intérêts mais qui permet d'admirer la plastique de la magnifique Abbe Lane (qui pour une fois ne chante pas).  Miguel (Charles Lederer), le riche propriétaire du puits de pétrole enflammé, qui accueille Fred chez lui, est un homme diminué par un accident qui l'a rendu muet et c'est un personnage curieux mais intéressant : L'homme de pouvoir diminué, effacé et vulnérable qui est à deux doigts d'épouser une aventurière (Abbe Lane) qui a déjà utilisé ses charmes pour séduire, parfois ruiner et quitter plusieurs hommes. Lago (Michael Landon/Charles Ingals), le fils adoptif de Miguel, connaissant ce passé déteste la jeune femme mais c'est surtout Fred, lui même un de ses anciens amants qui va être tenté d'ouvrir les yeux de son ami mais ses actes vont parfois entrainer des malentendus avec Laura…Plus amusant, on a droit comme presque toujours dans ce genre de films à la présence du marrant de la bande, souvent un petit vieux mais pas toujours (ici il l'est), c'est Milt (Joe E. Ross)…vu en VF

 

(1) On avait déjà ici en arrière plan car c'est vraiment de manière très indirecte, les préoccupations écologistes de Cornel Wilde que l'on retrouvera dans plusieurs de ses films ultérieurs car le scénario s'inspire sans aucun doute des deux catastrophes pétrolières qui se sont déroulées au Vénézuela. En dehors du fait que les groupes pétroliers étrangers étaient exonérés de taxes et payaient des impôts minimes sur les bénéfices générés par l'extraction du pétrole, ils faisaient peu pour le développement du pays (dans les années 30, les employés américains étaient payés 15 $ par jour contre 40 ct pour les vénézuéliens). Ils n'étaient pas non plus trop obsédés par la protection de l'environnement… En 1928 puis en 1939, le pétrole en suspension sur le lac Maracaibo s'est enflammé provoquant l'incendie des habitations traditionnelles sur pilotis. En 1939, il y eu entre 200 (bilan officiel) et 3 000 morts. 2 versions s'opposent. Incendie accidentel ou provoqué par des employés d'un groupe pétrolier intéressé par la libération des berges du lac afin d'y construire un terminal pétrolier. Ce qui est sûr, c'est que la presse locale s'est réjouie qu'un trou à rats comme Lagunillas ai été détruit et la ville a été reconstruite sur la terre ferme…et l'espace libéré ainsi a été utilisé par la suite par les pétroliers. 

 

Petit cadeau pour les connaisseurs, la présence de Abbe lane au générique

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