THE 13th LETTER. LA TREIZIÈME LETTRE. Otto Preminger. 1951

13th letter

Avec Charles Boyer (Le docteur Paul Laurent), Linda Darnell (Denise Turner), Michael Rennie (Le Dr. Pearson), Constance Smith (Cora Laurent) et Françoise Rosay (Mme Gauthier)

Pour un tel film, remake américain difficile à voir d'un grand classique français dont tout le monde connait l'intrigue, je ne fais pas à proprement parler de résumé. Je ne signalerais pas non plus si la traversée de l'Atlantique a engendré des modifications dans les développements de l'intrigue...mais l'engagement va être difficile à tenir.

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Au retour d'un séminaire de médecins, le docteur Laurent reçoit une lettre anonyme prétendant que sa jeune femme Cora entretient une liaison avec son jeune confrère le docteur Pearson. Rapidement, il constate que Pearson, sa femme et d'autres personnalités de la petite ville ont reçu la même lettre...

Les personnages :

Le docteur Paul Laurent joué par Charles Boyer. C'est un médecin vieillissant, parfaitement conscient d'avoir épousé une femme trop jeune, trop belle mais qui pour autant ne soupçonne à aucun moment sa femme Cora d'entretenir une relation avec le docteur Pearson. Il trimbale une certaine bonhommie et affiche une grande sérénité devant les évènements qui se succèdent, relativisant en permanence l'impact des fameuses lettres anonymes sur l'atmosphère de la petite ville. Il se propose de tenter de découvrir l'identité du corbeau à partir de l'analyse graphologique des lettres.

Cora, sa femme. Très belle. Assez mystérieuse mais qui semble t'il est innocente des accusations portées contre elle.

La soeur Marie. Une infirmière qui travaille avec le docteur Pearson. Une personnalité trouble dont on met en cause les compétences professionnelles. Elle avait jadis été fiancée au docteur Laurent avant que celui ci n'épouse finalement Cora. Elle sera soupçonné d'être le corbeau. 

Le docteur Pearson. Un jeune médecin assez effacé. Il est installé depuis peu dans la petite ville et cache un lourd secret.

Denise, la fille de la logeuse de Pearson....qui est amoureuse de ce dernier mais qu'il repousse.

Rochelle, la jeune soeur de Denise, qui travaille au guichet de la poste de la ville et qui, intriguée par ces adultes au comportement étrange, épie tout le monde. 

Mme Gauthier et son fils Jean-Louis. Jean-Louis est un héros de retour de la guerre. Il est soigné à l'hôpital et sera la 1ère victime du corbeau. 

Et enfin, les docteurs Hélier et Higgins, médecins chefs de l'hôpital.

Premier constat. Même si ce n'est pas nouveau, on peut partir d'un même matériel dramatique et aboutir à un résultat tout à fait différent. La ou le film de Clouzot était d'une noirceur implacable, le film de Preminger comporte des ruptures de ton qui ne servent pas le propos.

La musique d'ouverture déjà surprend, légère et presque primesautière. On a l'impression d'être au début de "Our town". Ensuite, Le docteur Laurent commence à parler et on est assez stupéfait par l'accent français qu'il trimbale. L'action (je l'ignorais) avait été transposé dans une petite ville du Québec alors Boyer a trouvé malin de reprendre l'accent de Maurice ou celui ci l'avait laissé...Pas bête à priori ...sauf que le reste de la distribution -à l'exception de quelques rôles secondaires joués par des acteurs canadiens- étant américaine, il est le seul à adopter cet accent incroyable et l'effet est totalement raté. L'exemple même de la fausse bonne idée amenée par un comédien mais que Preminger avec son expérience aurait du corriger. Il a sans doute du s'incliner. En tout cas, j'en prends le pari. Plus tard, une idylle contrariée occupera une bonne partie de l'intrigue au détriment de l'atmosphère qui aurait du rester constamment dans la gravité.

On a de toute façon la nette impression que le scénariste (Howard Koch), le réalisateur Preminger ou le producteur, ou tout ce beau monde a la fois, on eu peur de cette histoire plus noire que la suie et ont voulu édulcorer le plus glauque du scénario original de Chavance adapté par Clouzot. 

Plus tard, ce scénario met presque totalement l'accent sur le coté Whodunit de l'intrigue...Or, je dirais presque qu'on s'en fout... 

On ne se console même pas avec l'interprétation des autres principaux protagonistes. La plupart sont ternes et peu inspirés sauf Linda Darnell, dont je ne suis pas un grand fan, mais qui là est assez touchante dans un rôle inhabituel.

En conclusion, je dirais que c'est un des plus mauvais films de Preminger avec peut-être ses premiers films Columbia. Je n'attendais pas de miracle mais tout de même un peu mieux de la part de ce metteur en scène dont, comme tout le monde, je suis plutôt un admirateur.

Vu en VOST (sous-titré par un ami) mais à ma connaissance inédit chez nous, sauf à la cinémathèque.