BRAINSTORM. William Conrad. 1965 

brainstrom

Production : William Conrad (Pour Warner Bros)

Scénario : Mann Rubin

Dir. de la photographie : Sam Leavitt 

Avec Jeffrey Hunter (James Grayam), Anne Francis (Lorrie Benson), Dana Andrews (Cort Benson), Viveca Lindfors (E. Larstedt) 

James Grayam découvre en pleine nuit un véhicule stationné au milieu d'une voix ferrée. A son bord, une femme semble ne pas savoir ce qu'elle fait la. Il l'a ramène chez elle et découvre alors que le mari de cette jeune femme n'est autre que son employeur, Cort Benson, un puissant industriel. Les deux jeunes gens se revoient et deviennent amants. Le mari tente alors de dénouer cette aventure en faisant pression sur grayam, un jeune scientifique prometteur, mais dont il a appris qu'il avait souffert de dépression alors qu'il était étudiant. Il se sert de cette information et avec des complicités au sein de l'entreprise, provoque des incidents visant à mettre en doute l'équilibre mental du jeune homme...

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Un film noir, certes tourné à une époque ou le genre semblait mort mais clairement par son atmosphère ce film appartient encore au genre qui connu son heure de gloire dans les années 40 et 50. Film Noir, donc, mais encore bien autre chose. Le film démarre comme une romance. Il évolue très vite vers un thriller psychologique mené par un trio amoureux singulier dont le personnage dominateur est et restera le "cocu" , contrairement à tant de films du genre dans lesquels il est en général la victime. On va vers le drame puis le récit criminel et enfin on termine dans l'horreur et la folie. Pour résumer et en caricaturant à peine, çà commence comme "Vacances Romaines" et çà se termine comme "Shock Corridor". Etonnant, non ?…Comme disait le génial Pierrot.  

Encore une fois, et surtout pour un tel film, je veux éviter de trop en dire. Tout de même , quelques indications sur les personnages. 

Celui de Cort Benson interprété par Dana Andrews. C'est un sadique manipulateur assez effrayant. On ne sait si c'est la relation désastreuse qu'il entretien avec sa femme qui l'a rendu ainsi ou si c'est sa nature profonde de dominateur. Même si ce n'est pas clairement montré, on le voit tout de même en grand patron aux méthodes brutales. Le parallèle est grand entre ses pratiques professionnelles et les actes de sa vie privé. 

En l'occurrence, dans son attitude envers Grayam les 2 sont liés. La dégradation physique de Dana Andrews sert heureusement le personnage. 

Sa femme Lorrie qui fuit l'atmosphère étouffante de la maison dans l'alcool et dans la compagnie de jeunes hommes qui, comme Cord Benson, l'apprendra au dernier en date, James Grayam, se succèdent dans la vie de la jeune femme. 

Un personnage secondaire aura une importance capitale, c'est la psychiatre joué par Viveca Lindfors...mais là, je ne veux rien en dire. Tout comme je ne dirais rien de l'évolution du personnage incarné par Jeffrey Hunter dont il s'agit la sans doute du meilleur rôle, en tout cas du plus complexe qu'il aura eu à incarner au cinéma. Malheureusement, ce n'était pas tout à fait sa fin de carrière mais pas loin... 

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Bilan : 

Un film passionnant dont l'intrigue complexe est tenu jusqu'au bout mais qui crée un certain malaise. A voir néanmoins et plus qu'à titre de curiosité. Il n'est sans doute pas pour tout le monde, sa note sur imdb le prouve, mais pour reprendre une phrase déjà employée pour THE GANGSTER", un film durant la projection duquel tous les amateurs de Fuller ou d'Ulmer se lèveraient de leurs sièges. 

C'est le seul film de William Conrad que j'ai vu. Il en a réalisé 2 autres pour le cinéma mais a surtout travaillé pour la télévision. Bien sûr, on le connaît surtout comme comédien. Ceux qui ont dépassé la quarantaine se rappelle de lui dans une série policière des années 70 "Cannon" et on l'aura découvert progressivement par la suite dans un tas de seconds rôles au cinéma. Pour ceux qui auraient oublié sa tête, l'un de ses premiers rôles était dans "Les tueurs" de Siodmak. Il est précisément l'un des exécuteurs de Burt Lancaster. Le petit moustachu trapu, c'est lui. Il est aussi dans "Racket" de John Cromwell et dans bien d'autres polars. 

Brainstorm a connu une ou des diffusions sur les chaines françaises mais pas récemment. Le film a aussi été édité aux USA dans la collection Warner Archive tout comme un autre de ses films "The blood runs cold"... (Peut-être mais faut laisser refroidir le cadavre…). Pour ma part, vu en VOST.

A priori son meilleur film serait tout de même ce BRAINSTORM. Le film du même nom avec Christopher Walken et qui fut le dernier rôle de Nathalie Wood n'a rien à voir avec le film de Conrad.

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