DANGEROUS MISSION. MISSION PÉRILLEUSE. Louis King. 1954

mission 

Production : Irwin Allen pour RKO

Scénario : Charles Bennett, Horace McCoy et W.R Burnett

Dir. de la photographie : William Snyder 

Avec : Victor Mature (Matt Hallet), Piper Laurie (Louise Graham), Vincent Price (Paul Adams), William Bendix (Le chef ranger Joe Parker) et Betta St. John (Mary Tiller) 

Dans la salle déserte d'un restaurant, un homme joue du piano dans la pénombre. Un tueur s'approche lentement dans son dos et l'abat d'un coup de révolver. On entend des pas. Quelqu'un arrive. Une femme qu'on ne voit pas assiste à la scène et hurle. L'homme lui tire dessus mais la femme réussit à s'enfuir. Plus tard, dans son bureau, le meurtrier discute avec son avocat. Le procureur le soupçonne du meurtre mais n'a aucune preuve. Les autorités judiciaires pense, à raison, qu'un témoin a pu assister à la scène et le recherche mais le tueur révèle avoir découvert l'endroit ou se cache la jeune femme. Il s'adresse alors à un homme assis en face de lui, dont on ne voit pas le visage, et lui donne l'ordre de supprimer ce témoin gênant, en laissant croire à une mort accidentelle. La jeune femme travaille dans l'unique grand hôtel d'un parc naturel...  

Matt Hallet arrive dans le parc, prend une chambre et, séduit par la jeune femme qui travaille dans le hall de l'hôtel, entre en contact avec elle. Très rapidement, il fait la connaissance de Paul Adams, un photographe amateur, puis est invité dans la résidence d'un homme d'affaire en vacances...vincent priceret dangerous mission 

Même si d'ordinaire je suis plutôt complaisant avec les polars, cherchant le plus souvent à mettre en valeur les qualités d'un film ou à en montrer l''originalité, pour celui là, j'ai vraiment besoin de chercher. Je plante tout de même le décor car c'est qu'en même l'un des aspects réussis du film. Le technicolor pour filmer un polar se déroulant dans un parc naturel, çà donne forcement de belles images et elles sont là mais la mise en scène aurait pu tirer un meilleur partie encore du site du Parc Naturel du Glacier dans le Montana qui a l'air splendide. Dans la partie finale du film, une longue poursuite en haute montagne, on a d'ailleurs des arrières plans spectaculaires... et des premiers plans ridicules avec rochers en polystyrène et sapins en plastoque. Ce final est d'ailleurs interminable et mal fichu, les rebondissements se succèdent et le méchant n'en fini pas de mourir. On se croirait dans Jason 12...ou pour respecter l'époque, dans un serial raté. Plus largement, au rayon "effets spéciaux", on peut dire que la plupart des transparences sont horribles...Enfin bref, en terme de mise en scène, ce n'est pas terrible et je prends le pari que ce bon Louis n'était pas souvent invité chez son glorieux frangin, même pas pour thanksgiving. 

Au bout de 40 minutes, le seul véritable intérêt du film en terme d'intrigue -l'identité du tueur-est éventé et il sabote une éventuelle roue de secours, mettre l'accent sur les personnages et leurs relations et notamment les couples potentiels et les éventuelles manipulations du méchant de l'histoire. Il y a bien des velléités de séduction ou de tentatives de manipulations mais c'est mal fichu.

Pourtant, 2 hommes, 2 femmes. çà donnerait des idées à n'importe qui. Surtout que ce n'est pas joué par les premiers venus. Victor Mature, Vincent Price et Piper Laurie, c'est un casting. 

Pour ce qui est de la 2ème femme, je n'en ai pas encore parlé, c'est une jeune indienne jouée par betta St. John. Son père est recherché pour meurtre et se cache dans la montagne. Il jouera d'ailleurs un rôle au cour de la poursuite finale. Avoir un indien avec soi, c'est un avantage indéniable car chacun sait que pour renifler une piste, un indien, c'est mieux qu'un épagneul…Mais Il faut voir la tête de l'indien. Il devait être de Brooklyn ?mission 3

Enfin bref, ce n'est pas que je n'ai pas aimé (si, si, c'est vrai...) mais j'emploierai un qualificatif que j'utilise vraiment en dernier recours, c'est distrayant. D'ailleurs, Louis King le sait tellement qu'il utilise quelques ficelles pour distraire le public avec son histoire qui ne tient pas trop le coup, il multiplie les péripéties sans intérêts mais potentiellement spectaculaires ou folkloriques :

-Çà commence avec une réception qui est perturbée par une avalanche de pierres au cours de laquelle Victor Mature montrera un certain courage.

-Ensuite on a la visite d'une réserve indienne avec soirée coutumière et danse de la pluie, ou de je ne sais quoi...

-Et enfin, un incendie de forêt spectaculaire mais gâché par les transparences. 

Petit bonus. On peu se réjouir de la présence de William Bendix qui joue le chef des rangers. Un des grands/petits seconds rôles du cinéma américain de l'âge d'or au même titre que James Whitmore, Ed Begley...Pour ne citer que 3 noms parmi les dizaines de personnalités marquantes que l'on aura pu croiser et revoir au cours de nos découvertes. Un autre personnage secondaire important est un vieil homme bedonnant, en apparence débonnaire et jovial, Mr. Elster joué par Harry Cheshire.

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Un dernier mot sur Louis King. On ne connait pas beaucoup de films de ce frère du célèbre Henry. Il a signé un Charlie Chan, plusieurs Bulldog Drummond qui ont des amateurs mais ces films les plus connus sont ses westerns ou semi-westerns. C'était en effet un des spécialistes des films familiaux plus ou moins adultes type "L'étalon noir" mettant au prise un cheval plus ou moins malin avec un enfant, ou parfois avec un ou des adultes (Sand, Le lion et le cheval). Il a ainsi tourné "Son of Flicka/Jupiter", "Green grass of Wyoming" avec Peggy Cummins , "Sand" et "The lion and the horse" avec Steve Cochran 

 

Vu en VF. Passé à la TV chez nous.