SHIELD FOR MURDER. LE BOUCLIER DU CRIME. Edmond O'Brien et Howard W. Koch. 1954 

Aubrey Schenck Productions

Avec Edmond O'Brien, John Agar, Marla English, Carolyn Jones et Claude Akins. 

L'histoire d'un flic qui tourne mal. O'Brien joue un flic désabusé, entre 2 âges, qui rêve d'acheter un pavillon pour y vivre tranquille avec sa petite amie. Il prémédite l'assassinat d'un bookmaker pour lui dérober la forte somme, 25 000 dollars, qu'il porte sur lui.

Le film démarre brutalement. Directement par le meurtre. Une ville, la nuit. O'Brien marche rapidement sur le trottoir, voit l'homme qu'il va voler récupérer de l'argent à la portière d'un véhicule, celui ci redémarre. O' Brien s'arrête et fixe un silencieux sur son révolver. Il s'approche de l'homme et lui plante le révolver dans le dos. Un dialogue commence. Les 2 hommes se connaissent. L'homme marchande sa tranquillité et propose 100 dollars, 200 ? Mais le flic veut tout. O' Brien abat le bookmaker d'une balle dans le dos, le fouille pour récupérer l'argent et rejoue ensuite une scène pour faire croire à la fuite de l'homme et justifier ainsi son meurtre. 

La police arrive, dont le collègue d'O'Brien qui rapidement le soupçonne sans savoir exactement comment se sont dérouler les évènements. Le soir suivant O' Brien fait visiter le pavillon de ses rêves à sa petite amie et y dissimule l'argent... 

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Je m'arrête là. Quelques ingrédients supplémentaires pour montrer qu'après cette entrée en matière prometteuse, le film tient bien le coup jusqu'au bout. On apprend rapidement que l'argent n'appartenait pas vraiment au bookmaker si bien qu'un chef mafieux local veut récupérer l'argent. Le flic pourri a aussi ses collègues sur le dos car il avait déjà une assez mauvaise réputation et certain ont flairé l'entourloupe. D'autre part, un homme dans l'immeuble en face a vu toute la scène du meurtre  mais c'est  un très vieil homme sourd et muet, isolé et effacé quisemble vouloir demeurer en dehors de l'affaire. 

D'emblée, je précise que j'adore ce petit film. çà a manifestement été tourné avec un budget réduit. Je sens bien le tournage bouclé en 2 semaines (Quoi ?! Rétorque Edgar Ulmer mais pour ce prix là, je vous en fait 2) et pourtant c'est excellent. O'Brien est remarquable dans ce rôle ingrat, tour à tour écoeurant puis pathétique.

Le flic qu'il incarne était déjà un peu pourri mais cette fois il est allé trop loin. La violence ne fera que s'amplifier au fil du récit.  

Quelques scènes sont inoubliables et méritent de figurer dans une anthologie du film noir. O'Brien agresse un homme dans un restaurant. Un témoin qui était en train de déguster des spaghettis assiste à la fois fasciné et effrayé à l'agression. Au départ attablé, il se redresse progressivement sur sa chaise, comme s'il cherchait à s'écarter de la scène. Il se retrouve dos au mur mais pendant toute cette scène il continue d'ingurgiter frénétiquement ses spaghettis. Saisissant !  

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Howard W. Koch, qui était surtout producteur, a réalisé un autre film potentiellement intéressant : 

-Big house, USA. Avec B. Crawford, R. Meeker et W. Talman, qui est réputé mais que je n'ai toujours pas vu.  

Vu en VOST. LE BOUCLIER DU CRIME a été diffusé sur le sat. mais pas hier. La dernière diffusion doit dater d'une dizaine ou une quinzaine d'années.