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Réalisation : Alfred L. Werker
Scénario : Danny Arnold
Image : Gordon Avil
Musique : Les Baxter
Produit par Howard W. Koch et Aubrey Schenk

Avec :

John Payne (John Willoughby)
Ruth Roman (Nora Willoughby)
Ben Cooper (Gray Mason)
J. Carrol Naish (Bedloe Mason)
Ben Johnson (Frank Mason)
John Smith (Wesley Mason)
James Griffith (Le marshal Russell)

Juste après la fin de la guerre de sécession, une famille d'anciens soldats sudistes originaire de l'Alabama, Bedloe Mason et ses 4 fils passe à proximité d'une petite localité de l'ouest. En fuite et survivant en pillant les banques, ils se tiennent éloignés des villes mais deux des fils décident de se rendre dans une petite ville pour y faire provision d'eau et pour repérer les lieux. Le très jeune fils d'un ancien officier nordiste, toujours impliqué dans la traque des rebelles, se trouve en ville pour y fêter son anniversaire. Le jeune garçon se voit offrir un revolver factice par une petite fille de son âge, s'en sert dans le dos des 2 fils Mason et est abattu par l'un d'eux avant qu'il n'ai eu le temps de se rendre compte de l'identité de l'agresseur. John, le père, rempli de haine, est bien décidé à traquer les assassins sans relâche...

Sur un scénario assez simple, un western "psychologique" remarquable dont il est compliqué de parler sans livrer trop d'informations qui nuiraient à l'intérêt du film. C'était l'avant dernier réalisé par Alfred Werker et pour moi, à ce jour, c'est son meilleur et d'assez loin. Dès les scènes d'ouverture, on se rend compte que l'on ne se trouve pas dans un western "ordinaire". Devant la maison familiale, un enfant joue...Vêtu d'un uniforme nordiste, Il se lance au grand galop, brandit un sabre et décapite un mannequin de soldat disposé comme un épouvantail devant la ferme familiale ! Sa mère s'émeut d'ailleurs des jeux guerriers du petit mais le père -qui voue une haine farouche aux sudistes- l'encouragerait plutôt à endurcir le jeune garçon. On enchaine aussitôt avec le jour de l'anniversaire de l'enfant. Il accompagne sa mère en ville. On retrouve les amis. Les élégantes sont de sortie. L'amourette enfantine est charmante... et tout à coup, on bascule brutalement dans le drame. Quand par jeu, l'enfant sort son arme/jouet tout juste reçu de la petite fille dans le dos des 2 frères Mason qui viennent d'arriver en ville, en raison du cliquetis produit par l'arme, l'un des 2 frères, pris de panique, se retourne vivement et abat l'enfant qui est projeté plusieurs pas en arrière sous les yeux de la petite fille et de sa mère. La scène est stupéfiante de violence, admirablement filmée et osée pour l'époque tant les meurtres d'enfant son relativement rare dans le cinéma américain.

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La suite est à la hauteur. L'un des frères ayant été blessé dans des circonstances qu'il serait criminelle de dévoiler, il est recueilli à la ferme des Willoughby (On dirait un nom inventé par Preston Sturges) par Nora en l'absence de John parti à la chasse aux tueurs. Le jeune homme, grièvement atteint et en apparence inoffensif gagne la sympathie de Nora. Elle s'interroge sans doute sur l'identité du garçon qui reste évasif lorsqu'on le questionne sur les circonstances de sa blessure et sur son passé, mais Nora, la jeune mère qui vient de perdre son seul enfant, le soigne et le protège. John, qui bâtait la campagne à la recherche des meurtriers, rentre au domicile familial, commence lui aussi à interroger le jeune homme, mais de manière plus sournoise…Commence alors un quasi huit-clos passionnant entre le jeune homme ; Nora, qui en veut sans doute à son mari d'avoir éduqué son enfant dans la haine et un père qui s'interroge sans doute sur sa responsabilité dans la mort d'un fils qui lui vouait une admiration sans bornes.

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Un huit-clos rompu tout de même par les agissements des autres membres du clan Mason, dont on connaitra surtout 3 des membres. Le père, qui n'a plus rien en dehors de ses fils n'a qu'une obsession, préserver sa famille sans laisser personne sur la route. C'est la raison qui le pousse, malgré sa droiture, a ordonner à toute la famille de fuir à la suite de la mort "accidentelle" de l'enfant, certain qu'il est que la haine des nordistes s'abattra forcément sans discernement sur eux quelque soit les circonstances de la mort du petit. Le poids de la grande histoire en quelque sorte....Cette même fatalité -les conséquences de la guerre- avait déjà fait d'eux des errants et des pilleurs de banque. Mais fondamentalement c'est un honnête homme. Malgré sa rudesse apparente et son autorité, toutes les décisions sont soumises aux votes et doivent être unanimes mais l'équilibre bien sur précaire est soudain rompu quant un des fils trahit les principes familiaux. Les 2 frères que l'on aura à connaitre sont interprétés par Ben Johnson, le mauvais fils et Ben Copper, le bon fils (attention, y'a surement un piège). Le rôle du patriarche est tenu par un J. Carrol Naish bien plus inspiré...que la plupart du temps. Ils sont tous excellents. Très bonne musique et très bonne chanson de générique "Rebel in Town" (mais dont le propos n'a rien à voir avec le film). Pour le western de série B, une Rolls à tous points de vue : Scénario, photo en NetB, réalisation, interprétation. Incroyablement resté méconnu en France.

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